/!\ Attention : ce manga contient des scènes de violence et d’agression très difficiles, à réserver à un public averti. Voici notre avis sur ce premier tome. /!\
17 ans, Une chronique du mal est un manga publié en France par les éditions naBan, connues pour proposer un catalogue varié et parfois assez sombre. Ce titre s’appuie sur un fait divers réel qui a profondément marqué le Japon à la fin des années 1980, ce qui donne au récit une dimension particulièrement lourde et éprouvante. L’histoire est portée par le scénario de Seiji Fujii et le dessin de Yoji Kamata, qui installent dès ce premier tome une ambiance pesante et inconfortable. C’est un manga qui ne cherche clairement pas à divertir, mais plutôt à confronter le lecteur à une réalité difficile.

Ce premier tome suit d’abord le point de vue d’un jeune garçon, qui se laisse entraîner par un ami dans une bande de délinquants. C’est ce groupe qui va être à l’origine de l’enlèvement de Sachiko, une adolescente de 17 ans choisie sans raison particulière, uniquement pour servir de distraction cruelle aux membres de la bande. Le manga montre alors comment cette situation dégénère petit à petit, avec des humiliations et des violences qui s’intensifient au fil des jours, sans que personne autour n’intervienne pour l’arrêter. Ce tome met aussi en avant la sœur jumelle de Sachiko, qui refuse de rester sans rien faire et qui commence seule ses propres recherches, faute de soutien de la police ou de ses parents..

Ce premier tome est difficile à lire, et c’est probablement voulu. Le fait de savoir que l’histoire s’inspire d’un vrai fait divers rend la lecture encore plus lourde, puisqu’on sait que des événements aussi terribles se sont réellement produits. Le scénario prend le temps de montrer comment un simple groupe de jeunes peut basculer dans une violence extrême, ce qui rend le récit d’autant plus glaçant qu’il semble malheureusement crédible.

Ce n’est clairement pas un manga qui cherche à divertir ou à plaire facilement : c’est une œuvre dure, qui demande d’être abordée en connaissance de cause. Le dessin et le rythme du récit installent une tension constante, sans temps mort, ce qui rend la lecture prenante malgré la difficulté du sujet. Un tome à réserver à un public vraiment averti, capable d’encaisser un sujet aussi sensible, mais qui a le mérite de traiter ce fait divers avec sérieux plutôt que de manière racoleuse.

